
Rythmes ouest-africains de Guinée et des pays voisins.
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Légende (fr) :
Motifs de Djembé
4/4 :
S
.
.
S
S
.
T
T
S
.
b
S
S
.
T
.
f
.
.
l
r
.
2
r
l
.
r
l
r
.
r
.
Le rythme est généralement écrit entre les parties foncées (deux petits "carrés" de chaque côté). Vous verrez donc 4 groupes de 4 battements ou 8 groupes de 3 battements.
Sons :
T = Tonique ou "ton", S = Claqué (en anglais "Slap") et B = Basse. Si t, s ou b sont
utilisés, cela signifie qu'une frappe supplémentaire optionnelle est susceptible d'être jouée.
Latéralité :
r = droite (en anglais "right"), l = gauche (en anglais "left") f = fla (deux frappes presque simultanées), d = frappe bouchée (ou étouffée), k = claquements de mains,
2 = frappe double en
"roulement", c = étouffement pendant la frappe. Droite et gauche peuvent être interverties pour les gauchers.
J'utilise l'alternance des mains, dans laquelle on change de main
à chaque nouveau battement (joué ou non). Parfois, en
raison de la vitesse ou d'un roulement, il vaut mieux utiliser un
"doigté" plus pratique.
Motifs de Dununs
6/8
O
O
.
O
O
.
C
.
.
C
.
.
C
.
.
O
O
.
C
.
.
C
.
.
x
x
.
x
x
.
x
x
.
x
x
.
x
x
x
x
.
x
x
.
x
x
.
Frappes sur la peau du tambour et sur la cloche :
O = frappe ouverte, C = frappe bouchée, H = frappe sur le bois
du tambour, x = frappe sur la cloche. Lorsque o, c ou h sont
utilisés, une frappe supplémentaire optionnelle est susceptible d'être jouée.
Cellules à fond orange :
C'est l'endroit du motif où le rythme est habituellement "attaqué" .
Autres remarques concernant les "cadres rythmiques" :
S'il y a un A, B, C, etc. c'est qu'il peut être fait
référence à ce point plus loin dans la notation.
Les frappes anticipées (avant le "un") peuvent également
y être écrites.
Djabara
d = vers le bas (en anglais "down"), u = vers le haut (en anglais "up")
Termes utilisés
Rythmes binaires et ternaires :
Tous les rythmes ouest-africains sont cycliques : ils consistent en la
répétition d'un certain motif. La fin de chaque motif est
donc enchaînée avec son propre début. Un cycle est
constitué d'un certain nombre de battements, dont certains sont
matérialisés par une frappe sur un tambour et/ou
une cloche. Le nombre total de battements du cycle peut être
divisé en groupes de quatre ou de trois battements (NDT : la
pulsation, au sens français du terme, n'intervient alors que
tous les quatre ou trois battements selon le cas), si bien qu'on a des
rythmes dits binaires (en réalité quaternaires) et des rythmes ternaires. (4/4 ou 6/8)
Le démarrage d'un rythme :
Un rythme peut démarrer de différentes façons.
L'une d'elles est qu'une personne commence à jouer le motif
correspondant à son instrument, puis que les autres prennent
leurs instruments et trouvent la manière de combiner leurs
motifs rythmiques avec celui du premier musicien. Une autre
façon consiste à jouer un "appel" ou "signal" de
manière à ce que tous démarrent le rythme en
même temps. Cette manière s'est répandue avec le
style "ballet". Dans ces pages, chaque motif rythmique commence
à l'endroit correspondant à l'"usage commun". Lorsque
certains motifs commencent avant la fin de l'appel, une explication est
donnée.
Variations
Des variations sont parfois possibles pour certains motifs. Ces
variations peuvent faire partie intégrante du cycle, ou
n'être jouées qu'occasionnellement. Quelquefois une
variation est jouée alternativement avec le motif de base. Les
variations peuvent aussi être associées avec celles d'un
autre instrument (comme dans une conversation :
question-réponse).
"Accompagnement du soliste" :
Il s'agit d'un motif qui n'est pas "de base", mais que le soliste peut
jouer entre deux solos (pour se "reposer" un peu entre ces solos). Il
se peut également qu'un nouveau danseur (ou une nouvelle
danseuse) entre en scène pendant que le soliste joue cet
accompagnement.
Le fla
Le fla (f) est une double frappe occasionnelle pour
le djembé : les frappes se suivent de manière plus
rapprochée que pour le roulement. Avec le fla, il y a deux
frappes dans une seule case.
Roulement
Le roulement est aussi une double frappe occasionnelle pour le djembé,
immédiatement suivie par un certain nombre de claqués ou
de toniques. Dans ma notation il n'y a qu'un carré (donc un
battement) alors même que deux frappes sont jouées. C'est
pourquoi il y a un "2" dans ce carré. (NDT : en réalité, en tenant compte de la première des frappes suivantes, on obtient un groupe de trois
frappes qui sont deux fois plus proches entre elles que celles
du débit normal, ce qui n'ôte rien à la
pertinence de la notation de Paul. )
La "chauffe"
La chauffe est une phase où le rythme devient plus intense (pas
nécessairement plus rapide !). La chauffe permet au danseur
d'atteindre un point culminant (la fin d'un solo de danse). Elle se
finit par un appel (pour terminer complètement le morceau) ou
par un faux-appel : une phrase plus ou moins improvisée qui
indique qu'il ne faut pas arrêter le rythme, mais le continuer
(pour le prochain danseur). Les différents instruments n'ont pas
tous un motif de chauffe, mais tous ceux qui en ont un le jouent
ensemble. (NDT : le mot "echauffement", d'origine française bien
sûr, utilisé par les anglophones pour la chauffe, pourrait
être confondu avec l'échauffement physique auquel
s'adonnent normalement les danseurs/euses préalablement à
leurs performances, c'est pourquoi j'ai préféré le
terme de "chauffe" également en usage chez nous et tellement
plus sympathique !)
Combinaison des Dununs : dunumba, sangban et kenkeni.
Seuls certains Malinké en Guinée jouent sur les trois
dununs séparés avec trois différents joueurs (un
musicien pour chaque instrument). Dans beaucoup de régions deux
ou trois tambours sont réunis en un seul set, joué par un
seul instrumentiste : une main joue la cloche tandis que l'autre joue
du bâton sur les deux ou trois tambours. Au Mali, on utilise
seulement deux dununs, et en Côte-d'ivoire certains rythmes sont
joués sur un set de tambours "penché", avec deux
bâtons et pas de cloche (Zaouli).
Décalages / micro-timing
Dans certains rythmes, certaines frappes de djembé sont
rapprochées de certaines autres. Elles sont
légèrement retardées ou avancées. Mon
système de notation n'offre que des possibilités
limitées de représenter ces décalages. J'essaierai
de les montrer en plaçant un "<" ou un ">" dans la case
où se trouve la frappe de djembé concernée. Voyez
aussi l'article de Rainer Polak sur le micro-timing sur la liste
"djembe-mande" (voir la page des liens).
Traduit par Vincent MANUELLE, le 25-04-2006